Pierre Savorgnan de Brazza
Nous poursuivons notre série de portraits d’illustres Poètes-Aventuriers par l’immense Pierre Savorgnan de Brazza.
Alors tout jeune officier de vingt-deux ans, escorté d’une poignée de compagnons, il cherche à percer le secret des voies qui conduisent au cœur du Continent Noir.
Nous sommes en 1875 et, comme la plupart des
explorateurs de son temps, le jeune et séduisant Brazza pense que tous les grands fleuves d’Afrique prennent leur source en un même lieu, un grand lac intérieur juché sur la crête du Congo-Nil,
protégé par des montagnes inaccessibles.
Sa Route le conduira sur d’autres Chemins … Il sera le premier à ouvrir une voie entre la côte et le bassin du Congo, mais surtout, tout au long de cette aventure, il travaille à la libération des esclaves et à créer des alliances entre les peuples. Lorsqu’il revient de son périple, en haillons, trois ans plus tard, les tribus de l’Ouest lui font un triomphe, lui qui vient de conquérir un Empire sans tirer un coup de fusil.
Plus tard, son tord, aux yeux de quelques
administrateurs véreux, sera de dénoncer le colonialisme : « Efforcez-vous de comprendre la mentalité des Noirs. Mêlez-vous à leur vie. Pas d’armes, pas d’escorte. N’oubliez pas que
vous êtes l’intrus, qu’on ne vous a pas appelés. » Certains, à l’entendre, s’en étranglaient de stupeur et s’arrangèrent au bout du compte pour étrangler définitivement, à leur
façon, l’entêtement d’un Homme qui ne voulut jamais renoncer à un rêve fraternel et poétique …
Le voici, lors d’une séance de pose aux Ateliers Nadar, 51 rue d’Anjou ; immortalisé aux allures de prince oriental,
par le Maître en personne. Des jeunes beautés Africaines aux Coquettes des salons parisien, elles n’ont désormais qu’un nom à la bouche, Brazza.
La frégate qui l’emporta pour la première fois sur les côtes d’Afrique
s’appelait la Vénus …