Les Interviews de Polyphème

Jeudi 18 février 4 18 /02 /Fév 09:16

 

Burton - 1854 (2) 

 


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A rticle à suivre prochainement...

 

 

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Homo erotic

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Voici maintenant l’interview Richard Francis Burton.


L.P. :  Sir Burton bonsoir

 

Sir R.F.B. :  C’est vous Léo Polyphème?

 

L.P. :  Oui, vous êtes déçu ?

 

Sir R.F.B. :  Êtes-vous un Homosexuel ?

 

L.P. :  Je ne l’exprimerais pas de cette manière.

 

Sir R.F.B. :  Vous livrez-vous à des rapports sexuels invertis ?

 

L.P. :  Cela m’est arrivé. Où voulez-vous en venir ?

 

Sir R.F.B. :  Au cœur du sujet.

 

L.P. :  De l’Individu vous voulez-dire ?

 

Sir R.F.B. :  Naturellement. Quoi d’autre ?

 

L.P. :  Bien sûr… Si vous m’offrez un instant, je souhaiterais opérer une douce transition en vous formulant ma première question ?

 

Sir R.F.B. :  Imposez-vous mon garçon.

 

L.P. :  Merci, Sir Burton. Bien… Comment expliquez-vous justement l’attrait que vous portez à l’homosexualité ?

 

Sir R.F.B. :  C’est une question que vous posez à vous-même ?

 

L.P. :  Dans ce rapport que vous rendez à votre supérieur, Sir Charles Napier,  sur les bordels homosexuels de Karachi, vous évoquez une constatation qui semble assez personnel, de l’intérêt que peut présenter le garçon en comparaison à l’eunuque.

 

Sir R.F.B. : Oui en effet.

 

L.P. : Vous dites alors : « parce qu’on peut user du scrotum d’un jeune garçon non mutilé à la façon d’une bride pour diriger les mouvements de l’animal ».

 

Sir R.F.B. :  Intéressant n’est-ce pas ? Je vois désormais clairement par quoi j’ai pu attiré malgré moi votre attention.

 

L.P. :  Détrompez-vous, ce serait extrêmement réducteur, il s’agit d’un détail certes savoureux, mais périphérique à l’intérêt réel que je porte à votre œuvre comme à vous-même.

 

Sir R.F.B. :  C’est une déclaration ?

 

L.P. : Absolument !

 

Sir R.F.B. :  Allez-vous me présenter vos fesses maintenant ou allez-vous attendre la fin de cet entretien ?

 

L.P. :  Revenons si vous voulez bien à ma question.

 

Sir R.F.B. :  Il faut pour cela imaginer ce qu’était le Sind à cette époque, la moitié de la garnison britannique avait pris ses « quartiers » dans les lupanars de Karachi. La plupart d’entre nous avait pratiqué le « baptême » dès la première permission. Pour ma part, toujours dans le cadre de cette enquête, il m’a était difficile par souci de réalisme, de me soustraire à la pratique. Et, je peux le dire, maintenant que je ne suis plus tenu à un quelconque devoir de réserve, comme cent fois sur le métier il faut remettre l’ouvrage, il m’est impossible d’estimer le nombre de fois où j’ai plongé mon Phallus dans le croupion d’un jeune indigène afin « d’approfondir » ma connaissance du Sujet. Toutefois, ce fut toujours avec le même enthousiasme qu’il y a, à fondre sur une tranchée ennemie baïonnette au canon… Pour la Garnison, ces pratiques étaient devenues avec le temps l’expression de notre domination sur l’autochtone, comme un devoir, et même les réfractaires qui dans nos rangs désapprouvaient ces « unions avilissantes », fermaient les yeux par esprit de camaraderie.

 

L.P. :  C'est ce qu'il y a de beau dans la Camaraderie... Cette enquête fut-elle l’occasion d’une révélation plus intime ? Ou considérez-vous que ces pratiques restant propres à ces latitudes échappent à toutes explications ?

 

Sir R.F.B. :  Connaissez-vous l’Orient, Monsieur Polyphème ? Ces garçons ont plus d’arguments que vous ne pouvez l’imaginer… Bien que proscrite par Mahomet, l’homosexualité est monnaie courante parmi les musulmans. Chez les Afghans par exemple, qui voyagent beaucoup pour faire du négoce, chaque caravane est accompagnée de jeunes garçons quasiment accoutrés comme des filles, portant de longues tresses, les yeux cernés de khôl, les joues rougies au fard et les ongles des mains et des pieds peints au henné. On les appelle kouch-i-safari, ce qui signifie : les femmes du voyage, et ils sont une cause de mortification perpétuelle pour les Persanes, puisque leurs époux affichent clairement leur préférence.

L.P. : Sir Burton, nous arrivons maintenant au terme de la première partie de cet entretien. Je vous suis reconnaissant d'avoir accepté cette rencontre et vous propose de nous retrouver ici-même pour un nouveau rendez-vous. Encore une fois, merci et bonsoir.


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Interview & présentation en cours, la suite ici-même très prochainement.



Par Polyphème - Publié dans : Les Interviews de Polyphème
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Mercredi 4 novembre 3 04 /11 /Nov 09:07

Aventurier, contrebandier, espion, trafiquant, architecte naval, écumeurs des mers, peintre, écrivain, Henry de Monfreid avait presque autant de noms qu'il avait d'activités, plus au moins légales, dans les eaux troubles du golf d'Aden. Pour les Arabes, dont il avait adopté la religion, le costume - pagne et turban - et la manière de vivre, il était Abd el Haï "l'esclave du vivant", ou "Cheitan "le diable"… Pour les Danakils enrôlés dans son équipage, il était tout simplement le nacouda, le capitaine…

 

 


Au même titre que Burton, Kipling et d’autres, Henry de Monfreid et moi nous fréquentons depuis si longtemps que je n'en suis plus le lecteur mais le confident. Il représente pour moi le type même de l’Aventurier, au sens bien entendu le plus élevé.


Où que je sois, où que je me trouve, ses ouvrages accompagnent fidèlement ma vie pour mon plus grand plaisir et profit. Henry de Monfreid appartient à cette race d’hommes à propos de laquelle on se pose toujours la question de savoir, s’ils sont un peu mythiques ou tout à fait réels…







L'Ecrivain au Travail





En Mer Rouge





Les voleurs de bois






Voici maintenant l’interview Henry de Monfreid

 

L.P. : Henry de Monfreid bonsoir

 

H.deM. : Bonsoir

 

L.P. : Je vais commencer cette interview par une question concernant la médiocrité et plus précisément,  le Médiocre est-il l’ennemi du bien ?

 

H.deM. : Naturellement, tout dépend de votre conception du bien ?

 

L.P. : Et de savoir où on le place ? Quoi qu’il en soit, faut-il combattre le Médiocre ?

 

H.deM. : Que voulez-vous faire, n’est-ce pas ? Les médiocres sont pléthores, le nombre des sots est infini « Stultorum numerus est infinitus »… Les combattre reviendrait à combattre une armée sans cesse renouvelée par des troupes fraîches. Cette société humaine engendre et livre un flux constant de médiocres. De plus, le médiocre à le droit de vote. Qui pensez-vous qu’il puisse voter si ce n’est pour un digne représentant de son espèce ? Du fait de leur très grand nombre, la règle des probabilités veut que l’on est cuit à l’avance. Il faut donc tenter de s’échapper d’une manière ou d’une autre si l’on veut pas faire partie du troupeau. Et pour moi ce fut l’aventure.

 

L.P. : Faites-vous l’apologie de l’autocratie

 

H.deM. : Certainement non, je n’ai aucune velléité de pouvoir absolu sur les crétins. Je laisse cela à ceux dont c’est la vocation, j’ai pour ma part des préoccupations de vie plus harmonieuses.

 

L.P. : Si toutefois un régime ou une conception politique devait recevoir votre suffrage , que serait-il ?

 

H.deM. :  Ma foi, même si la finalité de tout cela est de nous ramener au même point, qui n’a pas au cours de ses études, sans avoir pour autant fait ses humanités, entendu parler d’un âge d’or chez les anciens Grecs ? Epoque bienheureuse et bienfaisante où l’on sortait des champs les populations pour les amener au théâtre afin de les aider à cultiver autre chose que leur lopin de terre, voyez-vous ? Mais dans notre époque moderne, on a juger qu’il était préférable de crétiniser les masses pour les rendrent plus malléables, n’est-ce pas ?

 

L.P. : Périclès comme modèle ?

H.deM. : Il faudrait encore pouvoir poser la question à ses administrés… Ce brave homme était vraisemblablement un fidèle serviteur de l’expression de son temps puisqu’il reste, bien entendu,  associé à sa gloire. Mais que connait-on vraiment de lui ? Qu’il était un grand Orateur, qu’il était aussi Général, que la nature lui avait donné tous les dons de l’intelligence, qu’il n’était ni triste, ni farouche ; qu’à ses loisirs, il recevait quelques amis et se reposait de ses travaux en causant d’art avec Phidias, de littérature avec Euripide et Sophocle, de philosophie avec Protagoras, Anaxagoras ou Socrate. Il était tout cela et bien autre chose encore mais il fut surtout celui à qui le peuple, « dêmos », pouvait faire suffisamment confiance pour continuer d’appliquer les idées de Solon qui fut certainement le véritable père de cette Démocratie  Athénienne. Vous rendez-vous compte, qu’avant lui l’on pouvait impunément, du moment que l’on était bien né, il s’entend, asservir pour dettes de pauvres hères que la situation ne pouvait amener qu’à ce résultat.

 

L.P. : La République Française a elle aussi était dirigé par un Général…

 

H.deM. : Par un officier d’opérette ainsi que par un Maréchal à qui le premier a ôté toute gloire des livres d’Histoire… Périclès était Stratège ce qui signifie qu’il occupé le haut du panier, comme l’on pourrait dire. Mais malgré son incommensurable sagesse et toute l’ampleur de son génie, ce fut le peuple qui le maintenu. Comprenons-nous bien, il s’agit là d’une exception dans l’histoire et c’est vraisemblablement ce qui la rend si précieuse car il s’agissait d’un peuple éduqué, n’est-ce pas ? Pas ce ramassis de crétins qui acclamèrent l’officier d’opérette a qui vous faîtes allusion comme le Libérateur alors que nous avions à faire à un opportuniste de la première catégorie.


L.P. : Henry de Monfreid, nous arrivons maintenant au terme de la première partie de cet entretien. Je vous remercie et vous propose de nous retrouver ici-même très prochainement. Henry de Monfreid, bonsoir.

 

H.deM. : Oui bonsoir.

 

A suivre…

 

 

La Croisière du Hachich

La Croisière du Hachich - Edition de 1933 (Collection Polyphème)

 

 

 

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