Carnet de Voyage


Nos pas ce jour nous entraînent cimetière du Père Lachaise, nous recueillir amusé et néanmoins respectueux dans la contemplation d’un gisant dès plus singulier, celui de Victor Noir.




Il était journaliste à La Marseillaise, une feuille révolutionnaire et violemment anti-bonapartiste fondée quelques mois plus tôt par le polémiste et député d'extrême-gauche Victor Henri de Rochefort-Luçay.




Le Prince Pierre Bonaparte, fils de Lucien Bonaparte, neveu de Napoléon 1er et cousin de Napoléon III, s'estimant diffamé par un article de La Marseillaise, provoque en duel son rédacteur en chef, Pascal Grousset. Ce dernier envoie ses témoins, Victor Noir et un ami au domicile du Prince, 9, rue d'Auteuil, en vue d'organiser le duel.

Entre les deux hommes, les propos s’enveniment rapidement et l’ entrevue tourne mal.

Victor Noir lève sa canne sur le Prince, ce dernier saisit  un revolver et fait feu sur le jeune homme, le tuant net.




Gorgé de toute la sève de seulement 22 printemps, le cadavre de Victor Noir, alors qu’il baigne à même le sol dans son sang, est gagné par une extraordinaire érection qui ne le quittera plus jusqu’aux funérailles.

C’est dans cet état que le sculpteur Amédée-Jules Dalou l’immortalise, rendant ainsi le séduisant journaliste à la légendaire protubérance, célèbre jusqu’aujourd’hui chez les Nymphomanes de tout poil et Erotomanes distingués …


 

Chaque jour se succèdent sur sa tombe, femmes en mal d’amour, libidineux, puceaux et pucelles exacerbés par les premiers émois. Lors du pèlerinage lubrique, on peut voir les plus décidés à soulager leur prurit, accomplir sur le bronze l’expression de leur perversion ...





En témoigne l’éclat du visage et de la protubérance …





Sam 3 mai 2008 Aucun commentaire